mardi 18 septembre 2007 - Dijon
LA JEUNE FEMME SERA INHUMÉE DEMAIN
Marche pour Céline et contre la violence conjugale
La mémoire de Céline était dans le c½ur de tous qui, proches ou anonymes, se sont rassemblés hier, à Quetigny, pour rendre hommage à la jeune fille assassinée de 15 coups de couteau mercredi dernier.
Cinq jours après la tragédie qui a coûté la vie à leur fille et s½ur, sauvagement tuée de quinze coups de couteau en plein Quetigny, la famille de Céline Guillaume a partagé sa peine hier, au cours d'une marche silencieuse à laquelle se sont joints plus de 300 personnes.
Pendant trois longs quarts d'heure, suivie de la foule des proches, des collègues, mais aussi de nombreux inconnus frappés par l'événement, la famille a cheminé depuis la gendarmerie de Quetigny jusqu'au magasin Cap Mod, où le jeune homme de 20 ans s'était précipité sur Céline sous les yeux de tous mercredi dernier, sans qu'aucun ne puisse retenir sa main.
C'est devant les portes closes du magasin que tour à tour, les proches ont déposé fleurs, ballons, portraits, avec une émotion difficilement soutenable. « La démarche de la famille aujourd'hui, c'était surtout de prendre du temps avec et pour tous ceux qui ont apporté leur soutien depuis mercredi, et de dire merci. Cet élan de solidarité est véritablement précieux ; c'est une aide », a confié l'avocate Maître Baldini avant d'ajouter : « A partir de maintenant, c'est la justice qui va suivre son cours. Mais si en ce jour chacun peut converger vers une pensée pour tous ceux qui sont victimes de violences, alors la mémoire de Céline servira à quelque chose ».
Continuer à porter plainte
« Il y a eu des appels à l'aide car elle se sentait menacée », note Anne Joseleau, présidente de Solidarité Femmes, service auquel la jeune femme de 24 ans s'était adressée peu avant sa mort. Il y a aussi eu des mains courantes à la gendarmerie. « Ce n'est pas inutile. Au contraire, c'est important de laisser une trace, qui puisse servir de preuve plus tard si l'on doit aller au tribunal. C'est aussi un rappel à la loi, une façon de dire, si tu vas plus loin, moi aussi j'irai plus loin ».
Et la présidente de reprendre : « Mais plus encore, il faut déposer plainte, car sinon aucune action publique n'est possible. Il faut se protéger dès lors que se met en place de façon stable un système de violence c'est-à-dire de contrôle, qu'il soit d'ordre financier, sexuel, social, physique etc. »
La jeune Dijonnaise s'était séparée de son petit ami au mois d'août. Depuis elle était menacée, et elle avait déjà été agressée physiquement par Daniel Berland. « C'est toujours au moment des ruptures que le danger est le plus fort ; il faut prendre beaucoup de précautions avant de partir. Le problème c'est que souvent les victimes sous-estiment la menace qu'elles encourent parce qu'elles ont une estime d'elles-mêmes dégradée, et qu'elles se pensent responsable de la violence qu'elles subissent », note Anne Joseleau.
Sur la Côte-d'Or en 2006, ce sont plus de 650 femmes en détresse qui comme Céline, se sont adressées à Solidarité Femmes. Des femmes de plus en plus jeunes, justement, ce qui marque une véritable évolution sociologique. En France, rappelons que c'est tous les trois jours qu'une femme décède sous les coups de son mari. Le nom de Céline vient s'ajouter sur la liste terrible des victimes de ce fléau social. La cérémonie religieuse sera célébrée demain à 10 heures, en l'église Sainte-Bernadette de Dijon. L'inhumation se fera dans l'intimité de la famille.
J. B.